Regards Croisés No. 1 - Daniel Arasse

 

 

 

 

 

 




 

EDITORIAL

Le constat s’impose d’une disjonction entre le rythme des éditions d’histoire de l’art et d’esthétique et la temporalité de leurs traductions. La rareté et la lenteur de ces dernières se répercutent souvent sur la connaissance des nouveaux corpus, la circulation des méthodes et des débats d’idées. Ce constat est particulier frappant pour les aires linguistiques française et allemande. Il a motivé la création de Regards croisés, qui propose, pour son lancement, un premier choix de recensions d’ouvrages allemands par des chercheurs français et d’ouvrages français par des chercheurs allemands. Au seuil de ces pages, il nous est agréable de les remercier pour leur précieuse collaboration, grâce à laquelle ce numéro 1 peut couvrir aussi bien le champ de l’esthétique que celui de l’histoire de l’art, et ce sur des périodes diversifiées. Nous exprimons également notre reconnaissance à l’HiCSA (Université Paris 1), à la Kunstakademie de Münster et au Centre allemand d’histoire de l’art de Paris (Deutsches Forum für Kunstgeschichte) sans le soutien desquels ce projet n’aurait pas pu voir le jour.

 

L’aventure de ce numéro 1 fut passionnante et collective. Collective puisque Regards croisés est en quelque sorte une revue d’incitation à la lecture par et pour des lecteurs, auxquels elle soumet, par son élaboration et son contenu, des points de vue multiples ; passionnante parce que sa particularité est d’ouvrir une réflexion sur le regard porté par les chercheurs sur les recherches du pays voisin.

 

De ce point de vue, il nous a semblé fécond d’introduire par un dossier thématique sur Daniel Arasse une revue destinée à encourager la lecture réciproque des travaux d’esthétique et d’histoire de l’art des aires francophones et germanophones. Précisément parce que cette figure majeure de l’histoire de l’art française, dont nous proposons un portrait intellectuel (Danièle Cohn) ainsi qu’une lecture issue d’un autre champ disciplinaire (Gérard Wajcman), est encore peu connue en Allemagne. Cela rendait nécessaire d’examiner sa réception biaisée par les aléas des traductions et des choix éditoriaux allemands (Claudia Blümle). Il nous a enfin semblé intéressant, pour mieux comprendre les raisons de cette relative « non-réception », d’ouvrir des perspectives d’analyse méthodologique croisée avec la tradition allemande de la Kunstwissenschaft (Audrey Rieber).

 

La lecture renouvelée d’un auteur, un examen de sa réception en Allemagne et en France, ainsi que la présentation des questions méthodologiques que soulèvent ses travaux : cette structure sera reprise au fil des prochains numéros. Ces portraits alterneront avec des dossiers thématiques consacrés, de manière plus générale mais dans un même esprit, à un grand thème de l’histoire de l’art et de l’esthétique. En effet, si ce sont des individus qui écrivent sur l’art, ce sont aussi des aspects particuliers de son histoire dont ils s’emparent. La récente exposition De l’Allemagne organisée au Louvre en témoigne puisqu’elle proposait de partir de deux écrivains, Goethe et Germaine de Staël, pour en tirer une lecture thématique de l’art en Allemagne, du romantisme à la veille de la Seconde guerre mondiale. Sans entrer dans les débats qui ont entouré l’exposition, reconnaissons qu’ils ont clairement manifesté l’actualité et l’intensité des échanges franco-allemands. Notre projet s’en trouve renforcé, puisqu’il vise à ouvrir un espace d’échanges et de réflexion sur les points de convergence et de divergence entre les deux aires linguistiques dans le domaine de l’histoire de l’art et de l’esthétique. Ne doutons pas que le prochain dossier thématique consacré au gothique sera lui aussi riche de découvertes et de débats.

 

Nous exprimons également notre reconnaissance à l’HiCSA (Université Paris 1), à la Kunstakademie de Münster et au Centre allemand d’histoire de l’art de Paris (Deutsches Forum für Kunstgeschichte) sans le soutien desquels ce projet n’aurait pas pu voir le jour: il a permis la traduction des textes et la participation au secrétariat de rédaction de Hanna Kock, Marina Schell, Kathrin Umbach et Isis von Plato, que nous remercions pour leur engagement et leur efficacité.

 

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